Faire espace public

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TU-Nantes / Nantes /

16 avril 2018

Intervention de Pierre Dardot. Il est philosophe et chercheur à l’université Paris-Ouest-Nanterre-La-Défense. Il est notamment co-auteur avec Christian Laval de Commun, essai sur la révolution au XXIème siècle Editions La Découverte

Public du latin publicus ( qui concerne l’État, qui intéresse le public). Où sommes-nous de cette question quand, sous l’effet des restrictions budgétaires et de la marchandisation, l’espace public se réduit et que l’espace privé se publicise sous l’impact du numé- rique notamment ? Qu’est-ce que faire lieu public désormais ? Qu’est-ce que l’expérience des lieux, et plus largement des villes en mutation, dessine comme nouveaux communs ou comme marchandisation augmentée de l’espace public ? Ce changement et ce questionnement sur ce qui fait espace public vaut pour tous les lieux accueillant des publics. Ce sont les conditions de fonctionnement d’un lieu de vie, traversé et fédérant, un lieu de résidences, de passages et de créations, un lieu de consommation aussi qui sont désormais interrogées. Face aux conditions d’immersion et d’interaction numérisée, partout l’usager doit désormais être au coeur des process dans un ressenti synesthésique de ce qui lui est proposé. Mais qu’est-ce que l’usage public d’un espace quand il s’agit d’inventer une expérience nouvelle que personne ne connait ? Les établissements du secteur culturel n’échappent pas à ces remises en question. Quand le numérique et son corollaire de l’économie de l’attention tirent leur force d’une expérience immersive, d’un semblant d’horizontalité relationnelle, d’une liberté d’usage réelle ou supposée, celles et ceux, en charge de lieux publics d’accueil, de service, de monstration ou de diffusion sont sommés de produire une expérience sociale étendue capable, si ce n’est de concurrencer, au moins d’exister dans des formes relationnelles nouvelles. L’analyse de la diversité réelle des publics renforce cette remise en question. Alors c’est une expérience nouvelle de l’espace public qu’il faudrait produire, plus dans l’échange et dans une altérité sincère. De l’expérience que l’on dessine, on entend souvent une forme événementielle ou le public est instrument du mouvement, lui même dissout dans un récit auquel il ne participe pas réellement.